mardi 29 mai 2007
Disctinction : Pacindha lauréate du prix Equateur
L’ONG Malienne PACINDHA (Pôle des actions d’intégration des droits humains en Afrique) figure parmi les 25 finalistes du Prix Equateur, sélectionnés sur plus de 300 nominations venues de 70 pays.
Le Prix Équateur est une distinction internationale ayant pour objet de reconnaître les efforts extraordinaires déployés aux fins de réduire la pauvreté par des initiatives de conservation et d’utilisation durable de la biodiversité.
Décerné tous les deux ans depuis 2002, le Prix Équateur sensibilise la communauté mondiale à l’importance des liens vitaux qui existent entre un environnement biologiquement sain et la création de moyens d’existence durables.
Le 5 juin, journée internationale de l’environnement est retenu pour la remise à Bamako, du Prix Equateur à PACINDHA.
La plante Detarium Microcarpum (N’taba coumba en langue bamanan) fournit combustible, huile et médicaments aux habitants de la commune de Ouelessebougou et constitue également une source importante de nourriture et de revenus. En 2004, PACINDHA, en partenariat avec les communautés et autorités locales, a entrepris de rétablir la population de cette plante menacée par la surconsommation et les feux de brousse. Des comités de protection communautaires ont été établis dans une dizaine de villages et ont permis de protéger et restaurer 200 hectares de Detarium Microcarpum. Les méthodes de récolte plus durables ont généré des revenus qui ont été réinvestis dans des coopératives de femmes, le paiement des frais de scolarité des enfants, l’achat d’outils agricoles et de bétail.
Lancée le 30 janvier 2002, l ‘Initiative Équateur est un partenariat qui regroupe les Nations Unies, la société civile, le monde des affaires, les gouvernements et des communautés, en vue d’aider à développer des capacités et à rehausser la visibilité du travail qui se fait aux niveaux de base pour réduire la pauvreté en assurant la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité.
Mamadou Coulibaly
Amadou Toumani Touré (ATT) : “Les maliens t’attendent au tournant”
Le 29 avril 2007 restera une date mémorable dans les annales de l’organisation des élections au Mali. En effet, ce jour là, nos concitoyens se sont rendus en toute liberté aux urnes et ont choisi celui qui aura en charge, la gestion du pays pour les cinq prochaines années. C’est connu, la Cour constitutionnelle a confirmé la victoire du Président Amadou Toumani Touré avec 71,20% des suffrages de nos compatriotes. Ce quitus, qui ressemble fort à un plébiscite, constitue sans nul doute un message fort que le peuple malien a bien voulu adresser à son nouveau Président, en ces termes : « vous devez tout mettre en œuvre et sans pression aucune afin d’assurer notre bien être et celui de nos enfants ».
Cela n’étonne point dans la mesure où, au-delà de l’accompagnement de l’APD et des associations de soutien à ATT, le héro du 26 mars a surtout bénéficié du soutien des maliens qui croient en lui et donc pensent qu’il reste l’homme de la situation dans le contexte actuel. C’est connu, il existe plus d’électeurs au Mali que de militants, et ça les leaders politiques le savent. On comprend dès lors que notre Président n’a pas droit à l’erreur, et pour cause son peuple l’écoute et l’attend.
Pendant cinq ans, le Président est allé à la rencontre de ses compatriotes. Il les a écoutés, enregistré leurs doléances. Il n’a pas déçu. Des milliers de logements sociaux construits, des routes et ponts réalisés et des milliers d’emplois crées etc. Comme le reconnaît ATT lui – même, beaucoup de choses restent à faire. Le Mali est un pays pratiquement vierge, il n’attend que des travailleurs déterminés pour le mettre en valeur.
Cela dit, dès la proclamation des résultats officiels, le Président a lancé un appel à tous pour construire le pays. Ce geste est salutaire quand on sait que notre Président a toujours été un homme conciliant, qui connaît profondément le Mali et les maliens, mais surtout un homme humble qui n’entend jamais humilier un adversaire. Il reste que le consensus adopté depuis cinq ans n’a pas permis au Président de réaliser certaines ambitions qu’il a nourries pour le Mali.
En effet, ses partenaires n’ont pas toujours été loyaux. Au moment même où il arpente les pistes pour rejoindre ses compatriotes dans les coins les plus reculés, d’autres se battent pour se faire les poches. Nous avions ainsi été particulièrement touché par la polémique engagée sur l’Etat de santé de ATT. En réalité, seuls les hommes qui ne fournissent pas d’efforts peuvent penser qu’il n’est pas possible de tomber malade. D’ailleurs ATT est très solide, physiquement et mentalement sinon il serait encore dans des cliniques.
Vivement une opposition
Pour son dernier mandat, le Président doit vraiment entendre l’appel de son peuple. En effet, il doit faire en sorte que la majorité gouverne et que l’opposition s’oppose. Il sera difficile donc de renforcer notre jeune démocratie sans une opposition responsable et forte. C’est le moment de rendre un hommage appuyé aux leaders du FDR qui se sont conformés à la décision de la Cour constitutionnelle proclamant la victoire dès le premier tour de Amadou Toumani Touré.
Comme indiqué, le Président est fortement attendu par son peuple qui souhaite faire en sorte qu’il rentre dans l’histoire par la grande porte. Sa tâche nous l’imaginons n’est pas facile. D’ailleurs, la réussite de son dernier mandat dépendra en premier lieu du choix d’hommes et de femmes qu’il fera après le 08 juin 2007 pour conduire les affaires publiques. A cet effet, les maliens restent très attentifs, le Président ne doit pas se tromper dans ses choix.
Choisir des hommes compétents
Il doit ainsi choisir des hommes et des femmes compétents, patriotes et donc capables de conduire des projets pour le Mali. Des objectifs doivent être fixés pour chaque membre de gouvernement et des résultats attendus. A l’évaluation, le Ministre sera encouragé ou remercié purement et simplement pour incompétence notoire. Pour cela, les ministres ne doivent pas être sous pression. Ils seront ainsi libres de prendre toutes initiatives nécessaires qui leur permettront d’atteindre leurs objectifs. Le trafic d’influence doit ainsi être à jamais banni dans notre pays; il en sera de même des interventions intempestives en faveur de protégés. Les membres du gouvernement et tous les cadres doivent être sécurisés dans leurs fonctions.
Pour ce dernier mandat, le Président doit prendre des décisions fermes pour restaurer l’autorité de l’Etat dans le pays. A ce niveau, l’unanimité est presque faite que notre Etat n’est pas fort. Le constat est accablant, les citoyens n’obtempèrent point au sifflet d’un policier par exemple. Les cadres travailleurs et qui se soucient du respect de la loi sont mis à contribution. Des décisions sont prises et ne sont jamais appliquées. On a comme l’impression qu’il existe des supers hommes dans ce pays.
La chanson est connue, j’ai des bras longs ou des appuis en haut. Le trafic d’influence prospère dans notre pays depuis quelques années. Il nous faut ensemble bâtir un Etat de droit dans lequel tous les citoyens sont véritablement égaux devant la loi. A cet effet, les détenteurs d’autorité se doivent d’abord d’être exemplaires afin que leurs instructions puissent être suivies d’effet. Il faut que dans ce pays on commence à sanctionner les cadres fautifs ou des actes illicites. Il faut aussi récompenser ceux et celles qui travaillent honnêtement pour la Mali. Il faut donc donner envie aux gens de bien servir leur pays.
A cet effet, il nous faut mettre fin au fatalisme qui s’installe durablement dans notre pays, à savoir l’attitude qui consiste à dire que dans ce pays, les choses ne pourront jamais avancer dans le bon sens pour la simple raison que chaque cadre ne lutte que pour lui-même : je suis à ce poste pour un ou deux ans et je dois assurer mon avenir et celui de mes proches en attendant qu’on me mette à la porte.
Le Président doit donc prendre tout son temps avant de choisir son équipe. A la date d’aujourd’hui, nous pouvons nous permettre en tant que citoyens, de l’aider dans la réflexion. Aussi, il gagnerait à choisir son premier ministre dans ce pannel comprenant : Moctar Ouane, Modibo Sidibé, Soumana Sacko, Madame Sy Kadiatou Sow, Souleymane Daffé et Me Mountaga Tall.
Ce choix se justifie par le fait que le Président, aura besoin pour ce mandat de cadres compétents, honnêtes, ayant une référence historique et qui ne seraient confrontés à un problème pour assurer leur quotidien. Ces personnalités lutteront sans merci contre la corruption et la délinquance financière.
Une justice assainie
En abordant cette question qui a trait à la corruption, les maliens attendent du Président qu’il s’investisse personnellement afin que notre justice soit véritablement à hauteur de mission. Le sentiment général est que nos compatriotes ne croient plus en leur justice. La justice étant rendue au nom du peuple malien, il est important de réduire le fossé qui ne cesse de s’agrandir entre notre justice et les justiciables. Il faut ainsi donner les moyens aux juges pour accomplir leurs tâches et en retour, sanctionner durement ceux d’entre eux qui privilégient la corruption et le népotisme.
Valoriser la fonction
enseignante
Le chantier, qui fait notre honte aujourd’hui reste notre école. Des décisions fermes doivent être prises pour éviter que l’école ne sombre définitivement (certains diront qu’il n’existe plus d’école au Mali). Il faut d’abord commencer par faire l’audit des ressources financières, matérielles mais surtout humaines de l’école malienne. Il faudrait ensuite valoriser rapidement la fonction enseignante. Un pays ne peut jamais se développer si ses enseignants sont marginalisés. C’est connu, notre société aujourd’hui ne semble accorder aucune importance à l’enseignant. D’ailleurs certains d’entre eux ont même de sérieux problèmes pour fonder un foyer. Actuellement, il faut être douanier, juge, commerçant, Directeur, ou ministre pour avoir une « bonne femme ». Les pays sauvés sont donc ceux qui accordent de l’importance et de l’attention aux détenteurs du savoir que sont les enseignants.
Nous avons tous cette conviction : Amadou Toumani Touré aime le Mali de tout son cœur et de toute son âme. Il doit donc réussir son dernier mandat et rentrer définitivement dans l’histoire à l’image de Nelson Mandela.
Les fils du pays doivent ainsi l’y aider en faisant simplement bien leur travail.
ATT est un Grand parce que, humble et soucieux de l’avenir de son pays.
Souleymane Traoré,
Enseignant à la retraite,
Badalabougou, Rue 112,
Porte 2002
Femmes Maliennes : Les dindons de la «farce» démocratique Malienne
De tous les droits humains, c’est probablement par rapport aux droits de la femme que le Mali a fait le moins de progrès ces cinq dernières années. Certes, en septembre 2004, le Mali a ratifié le « Protocole additif à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes» et des progrès sensibles ont été enregistrés dans la scolarisation des filles, mais les femmes et les filles continuent de souffrir de surexploitation (main d’œuvre à bon marché ou même gratuite pour les travaux champêtres ou ménagers, trafic obscène, etc.) et parfois de violences physiques (excision, coups et blessures volontaires, etc.).
Les acquis juridiques sont relativement faibles et, depuis 2002, la situation stagne quant à l’adoption du nouveau Code de la famille 188. Ce nouveau Code de la famille qui devrait libérer quelque peu les femmes maliennes de plusieurs carcans à la fois est aujourd’hui un enjeu pour lequel elles se battent. En attendant son adoption, certaines statistiques disponibles indiquent que la scolarisation des filles progresse, conformément aux objectifs du programme décennal de l’éducation (PRODEC), mais plus on monte vers le niveau supérieur de l’enseignement, plus l’écart se creuse entre filles et garçons en faveur de ces derniers. Certaines professions se féminisent de plus en plus dans l’informel et les métiers traditionnels, 1/4 des magistrats et 1/10 des notaires sont des femmes. Toutefois, depuis l’indépendance, une seule femme est devenue gouverneur (District de Bamako, 1992) et une seule Préfet (2003). Il n’existe aucune femme propriétaire de pâturage dans le monde rural et « l’égalité de chance prescrite dans les textes de la fonction publique reste encore d’application timide. » En effet, « il ressort du tableau ci-dessous, que la quasi-totalité des fonctionnaires de la catégorie A sont des hommes (90,1 %). Le niveau de représentation des femmes dans les différentes catégories diminue lorsque le niveau de la catégorie est plus élevé... L’emploi dans la fonction publique est l’apanage des hommes dans la mesure où plus des trois quarts des fonctionnaires sont des hommes (plus précisément 78,8 %).
La plupart des femmes employées par la fonction publique appartiennent à la catégorie intermédiaire B2 (41,8 %). Seuls 9,9 % des femmes employées par la fonction publique relèvent de la catégorie A. »
Par ailleurs, l’écart de rémunération entre hommes et femmes est de 20 % au moins. Les statistiques du Centre des formalités des entreprises (CFE) montrent que entre 1996 et 2002, sur les 5520 créations d’entreprises, 618 seulement ont été créées par des femmes, soit 11,20 %. En revanche, « elles sont légions dans l’informel (70 %) et les métiers traditionnels, notamment l’artisanat. Elles bénéficient d’un faible accès aux services publics en général et ignorent presque totalement leurs droits. Dans le secteur rural, elles jouent un rôle incomparable et contribuent pour 75 à 80 % dans l’agriculture. » ]93 Plus de 80 % des entreprises de femmes concernent le commerce général.
Le gouvernement du Mali mène des actions notables en matière de renforcement des capacités des femmes et d’amélioration de l’accès à l’information et à la formation, notamment à travers des séminaires gouvernementaux d’assimilation de l’approche genre et d’intégration de cette approche dans les projets et programmes de développement. Mais c’est surtout grâce à la détermination des femmes elles-mêmes et des efforts soutenus de leurs organisations que, depuis une quinzaine d’années, leur ascension est remarquable sur la scène politique, économique, sociale, culturelle et démocratique. En effet, dès 1991, une coordination d’associations et ONG féminines (CAFO) qui regroupe des dizaines, voire des centaines d’organisations de femmes, a été mise en place. Elle se positionne de plus en plus comme la principale, en tout cas l’incontournable sentinelle de la cause des femmes.
En 1999, année de mise en œuvre de la politique de décentralisation, ayant perçu les différentes élections communales, législatives et présidentielles comme des opportunités pour influencer favorablement l’équité du genre et opérer un changement profond dans la gestion des affaires publiques locales, les femmes ont tenté une incursion massive en politique. Au cours de ces engagements politiques, certaines ont démontré leur habilité à participer au même titre que les hommes aussi bien aux débats qu’aux élections proprement dites. D’autres ont renforcé leurs capacités intrinsèques et ont, parfois, renégocié leurs positions sur les listes électorales, de manière à se donner une chance d’être élues. Quelques unes ont conquis de haute lutte leurs sièges de députées, de maires ou de conseillères communales.
D’autres encore ont mérité leurs portefeuilles ministériels. Au final, même si elles ne sont aujourd’hui que 4 Ministres sur 27 au gouvernement, 15 sur 147 députés à l’Assemblée Nationale et 437 sur 10540 conseillers communaux, leur présence dans les institutions de la République est susceptible de favoriser la prise en charge et la résolution de certains de leurs problèmes au triple niveau local, régional et national. Et, si globalement elles n’ont pas encore atteint les objectifs visés, il semble, au regard des dernières élections communales de 2004, que « la participation des femmes à la vie publique commence à prendre un essor au niveau local et que, sous réserve d’un accompagnement adéquat, le milieu rural serait curieusement plus favorable que le milieu urbain.
Mais, à l’évidence « le potentiel dont disposent les femmes n’a jusqu’à ce jour pas eu d’incidence proportionnelle sur leur statut politique. Elles sont encore marginalisées dans la vie publique alors que leur poids démographique - près de 52 % de la population - est imposant. Elles se heurtent toujours aux préjugés culturels, à un environnement économique particulièrement difficile, à la pression sociale et à la violence. 198 Elles souffrent de précarité politique, économique, sociale, juridique et judiciaire. Éternels féminins, elles doivent poursuivre avec acharnement un éternel combat pour faire aboutir leur projet d’émancipation. Dans un pays où 95 % des femmes en milieu rural et 66 % en milieu urbain sont analphabètes, la voie royale pou y parvenir est sans doute le développement de l’éducation des filles, la promotion du savoir, du savoir être et du savoir-faire.
Par Zéïni Moulaye (Gouvernance démocratique de la sécurité au Mali). Le surtitre et le titre sont de la rédaction
Elections législatives du 1er juillet prochain : Le spectre d’une forte abstention plane sur le scrutin
Une formidable crise de défiance à l’égard du politique fait craindre un faible taux de participation au scrutin du mois de juillet prochain. Même si ces élections sont de proximité.
La campagne pour le scrutin législatif de juillet va débuter sous peu de temps dans l’indifférence d’une majorité des maliens. Le désintérêt des Maliens est visible sur le terrain. « L’Alliance présidentielle », qui gouverne le pays par le consensus politique depuis 2002 formé de l’ADEMA, URD, MPR, CNID, ne semble pas avoir provoqué l’engouement populaire souhaité par nos compatriotes. Les autres partis politiques qui composent cette majorité sont marginalisés.
Les quelques grands partis ont présenté des candidats partout ou ils pensent pouvoir gagné. Même l’intervention en personne de ATT n’a pas pu résoudre l’équation de coalition avec des « autres petits partis politiques » Les salles de meeting sont à peine remplies, comme en a fait l’amère expérience lors des présidentielles du 29 Avril dernier pour certains candidats dans la capitale.
Quant aux autres formations de l’opposition le « FDR » par les maliens, ils sont affrontés par le défi du camp présidentiel d’empêcher les grands ténors de se faire élire dans leur propre fief. Tel sera le cas pour la majorité des militants de ce regroupement. Qui sont entre autres, le président du RPM Ibrahim Boubacar Keita en commune VI, Isaac Sidibé, député sortant RPM de Koulikoro,le président de la jeunesse PARENA : Moussa Balla Diakité en commune III etc.
Mais à ceux-ci, il faut ajouter le cas du candidat malheureux aux présidentielles du PARENA, Tieblé Dramé. L’enfant de Nioro du Sahel a bénéficié du concours de la confiance des habitants de la ville sainte. Il n’est point une surprise de voir ce dernier sur la liste ADEMA car chez les « Sarakolé », la famille est sacré. Cet homme n’a pas sollicité le concours de l’ex parti au pouvoir pour la législative. Mais, il hérite d’un consensus amorcé par les notables de sa ville de Nioro. « Dramé est un fils de Nioro comme les autres qui se sont présentés pour la députation. Il est normal que les fils de cette ville s’essayent sur une même table pour une cause commune. C’est l’intérêt de notre localité qui est en cause. Nous n’avons pas hésité à faire cela car tous les enfants d’une famille ont le même droit. S’il a été battu lors des présidentielles à Nioro, il sera élu dès les premiers tours pour lui montrer qu’il est un digne fils et qu’il est un enfant bénit. C’est une initiative des familles notables de notre commune », nous révèle une personnalité influente de Nioro du Sahel qui a participé aux négociations entre les différents protagonistes.
Dès lors parmi les électeurs appelés à élire les députés, combien seront-ils à se rendre aux urnes en début du mois de juillet quand on sait que le taux de participation aux présidentielles a été de 36 %.
C’est le chômage, la hausse du coût de la vie, le fait qu’une majorité des maliens reste convaincus que leur vécu quotidien ne s’est pas amélioré, des « députés qui n’ont pas bonne presse », comme le relève les jeunes, qui expliquent cette crise de confiance à l’égard du politique et le peu d’intérêt accordé à ce scrutin.
Inquiet par la perspective d’une forte abstention, ils seront nombreux à choisir de mener une campagne de proximité dans les quartiers populaires des grandes villes, notamment Bamako où le RPM a des chances de remporter des sièges. Il en est de même pour l’ADP. Au final, faut-il donner raison à un ancien parlementaire qui estime que la future Assemblée « est programmée pour perpétuer le statu quo, c’est-à-dire accueillir au lendemain du vote la même majorité que la législature précédente », ce qui conduirait des maliens « pas dupes » « à se confectionner, au fil du temps, une image désastreuse du parlementarisme » !
L’heure n’est plus à la distribution du thé, sucre ou autre matériel lucratif à l’occasion des élections dont la valeur ne dépasse guerre les 500Fcfa. Chaque candidat doit présenter un projet de programme pour sa localité en cas de victoire. Et son électorat le jugera à travers des actions qu’il posera dans ce sens. L’improvisation, le mensonge, le développement et du surtout le transhumance politique doivent être les mots essentiels lors des campagnes pour tout prétendant à l’hémicycle de Bagadadji.
Eu égard à tous ses aspects, l’on doit se poser la question de savoir, combien de malien sortira lors de ce scrutin ? Une chose est claire bien qu’elle soit une élection de proximité, il ne dépassera pas celui des présidentielles selon plusieurs observateurs avertit de la classe politique. L’avenir nous édifiera car nos compatriotes accordent peu d’importance à la chose politique. Le Mali démocratique risque de connaître le plus bas taux de participation à une élection si toutes les composantes ne jouent pas leurs partitions.
Hamidou Cissé
Hausse des prix des denrées entre 2001 et 2007 : La misère touche de plus en plus de nombreux foyers Maliens
Si l’on se réfère au tableau comparatif des prix à la consommation de la période comprise entre 2001 et 2007, avant et après ATT, les conditions de vie des maliens ne font que se précariser d’année en année. C’est du moins le constat des vendeuses du nouveau marché de Médine à Bamako.
Ainsi, on remarque à travers le tableau sur la hausse des prix des denrées de première nécessité, fourni par les femmes du marché de Médine, que certains produits sont passés du simple au double avec l’avènement de Amadou Toumani Touré.
C’est le cas par exemple du prix de la bouteille de gaz de 2,5 kg. Cette bouteille coûtait environ 425 francs Cfa en 2001. Sous le général président, les femmes d’un marché de la capitale font remarquer qu’elle est passée à 665 FCFA en 2004, avant de se retrouver en 2007 à 1 100 FCFA, soit une inflation de 158,82 %. Battant ainsi le record des hausses des prix de toutes les denrées.
Le prix de la bouteille de 6 kg ne se porte pas mieux. Cette bouteille, qui coûtait 1 495 francs, en 2004, en plus d’être parfois rare, revient, en 2007, à 7165 f Cfa, soit une inflation de 108, 49 %. La bonbonne de 12,5 kg, qui s’échangeait à 3 615 f Cfa, en 2001, est aujourd’hui à 7 165 francs, soit une hausse de 98,20 %.
Autre produit ayant subi une hausse vertigineuse, si on se fie au tableau récapitulatif des prix publié par les femmes de ce marché, se trouve être le kilogramme de sucre en morceaux avec une inflation de 44,44 %. En effet, de 450 f le kilo en 2001, il est passé à 600 f, en 2004, et coûte 650 francs en 2007. Le kilogramme du sucre cristallisé n’est pas plus accessible. Il est parti de 320 francs, avant ATT, pour coûter 525 francs, en 2004, puis 600 francs en 2007. Soit une inflation de 87,50 %.
Le prix du riz, denrée la plus prisée des maliens, est monté également en flèche sous le règne de l’actuel président de la république une inflation de 75,45 %. Selon toujours nos interlocuteurs, le kilo était à 140 francs en 2001. Quatre ans plus tard, il monte à 225 francs, pour se retrouver aujourd’hui à 240 francs.
Le litre d’huile a aussi subi une inflation de 44,25 % sous le consensus. De 520 francs, en 2000, il est passé à 750 francs en 2007. Le kilo de farine est tout simplement passé du simple au double, soit une hausse de 100 %. Le kilo, qui s’achetait à 175 francs, en 2001, puis à 300 francs, en 2004, vaut 350 francs sur le marché en 2007. La tomate n’est plus à la portée des petites bourses. A la lecture du tableau des prix, le kilo de tomate concentrée a subi une inflation de 60, 56 %. Nos sources, nous indique le kilo de tomate concentrée, qui était de 635 francs, avant s’est retrouvé aujourd’hui à 1 100 francs. Quant aux boîtes de 2,5 kilos, qui coûtaient 1 200 francs en 2001, elles sont à 2 600 francs en 2007, soit une hausse vertigineuse de 116,67 %.
Le kilo de viande de mouton est également hors de portée avec une inflation de 108 %. Il coûtait 1 200 francs en 2000 alors qu’il se vend actuellement à 2580 francs. De même que le kilo de viande de bœuf qui est passé de 950 en 2001 à 1 800 francs en 2007. Le carburant n’a pas échappé à la flambée des prix. Le litre de super, qui était de 420 francs, avant l’auteur du coup d’état de mars 1991 se vend maintenant à 631 francs ; là où le gasoil est parti de 310 FCFA à 546 FCFA. Ces hausses vertigineuses sont, selon les femmes, la preuve du mal-vivre des maliens. La dernière en date est celui du « Mali Lait », il vient de connaître une augmentation brusque. Les pauvres clients se sont réveillés un matin et payent le produit à 150 Fcfa sans aucune information au préalable. Voici comment vivent nos compatriotes sous ATT depuis quelques années.